" MARIE BATAILLE auteur littérature jeunesse, livres pour enfants, presse, roman feuilleton: 2012

Lundi Chou farci du 24 décembre : Interview


Photo Claude Degoutte



                                                            INTERVIEW

Absolument !
Je suis le renne du père Noël,
son chou-chou, son préféré
celui qui est attaché devant et qui décide de l’arrêt.
Tout à fait !
Je suis le chef, le plus fidèle
celui qui connaît la terre entière
du pôle Nord jusqu’aux Seychelles
Evidemment !
Je suis bien payé,
j’ai ma maison et mes congés
l’été en Suède.
Certainement !
Je suis célèbre
et fais de l’ombre au père Noël
qui me dit que lorsqu’on lui écrit
on parle de moi autant que de lui.
Mais franchement !
ce n’est pas moi
qui fais la liste des colis
et qui mélange en pleine nuit
le nom de tous les enfants. 

Promis!

Marie Bataille

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Lundi Chou farci du 17 décembre : Conversations

Photo Claude Degoutte

Conversations

- Ahhh!... Salut sapin! Il me tardait drôlement de te revoir. T'as les boules?... Et les guirlandes?
- Salut Loulou, j'ai tout. C'est dans le sac en plastique qu'ils ont remonté de la cave... J'en ai un peu marre de me saper avec les mêmes décos que l'an dernier, mais bon c'est la crise .... A part ça, comment va?
- Ben ça va beaucoup mieux depuis que tu es là! Je commençais à tourner en rond. S'échapper dans l'escalier quand ils ouvrent la porte, ça va un peu mais à la longue ça lasse et puis on se les gèle! C'est pas chauffé l'escalier... Je me disais pourvu que Sapin revienne et qu'on puisse se faire des après-midi d'enfer.
- Eh ben me revoilou, Loulou... Va quand même falloir y aller molo parce que l'an dernier on a cassé un vase et on a foutu toute ma déco par terre.
- Oh que je me souviens, Sapin! Quelle fiesta... Je revois sa tête quand  elle est rentrée. Je faisais semblant de dormir sur la chaise au coussin bleu, tu sais la chaise où elle s'assoit pour écrire. Elle est arrivée vers moi furibarde et j'ai préféré filer sous le fauteuil.
- Ouais, mais elle t'a dit que si ça continuait, y aurait plus de sapin. Elle t'a franchement menacé du doigt. Tu t'en souviens de ça?... Elle a dit que les enfants étaient grands, que tu pouvais provoquer un court-circuit, qu'un sapin comme moi coûtait la peau des fesses... Tu t'en souviens oui ou non?
- Mais oui, mais oui, biens ûr que je m'en souviens... Elle dit des choses comme ça quand elle est en colère et puis je viens lui ronronner dans les oreilles en prenant mon air de merlan frit et elle oublie. Toi tu ne la connais pas vraiment, alors elle te fait peur. Mais fais moi confiance, c'est pas de demain la veille qu'elle va se priver de sapin à cause de moi. Bon alors cette année qu'est ce qu'on fait?...Ca te fait pas suer le salon, toujours le salon?... Si tu veux on se fait le bureau du maitre!
- Le bureau du maître? Mais comment?
- Eh ben comme l'an dernier je te saute dessus depuis la commode anglaise , je te renverse et après je te traine dans le couloir.
- ... Après avoir déchiré les guirlandes parce que j'en aimerais bien des nouvelles l'an prochain.
- OK. C'est une affaire qui roule. Reste à fixer le jour mais ça je ferai au feeling.
- Ohhh! P..... de Loulou! Noël chez toi, c'est quelque chose. Y a pas beaucoup de sapins qui doivent se marrer comme je me marre....
- Ah! ça, c'est sûr. C'est pas le sapin de mon cousin Zorba qui doit s'éclater comme ça, ni celui de l'Eglise St Gervais, ni celui de l'Avenue Coty qui sert d'urinoir à tous les chiens du quartier!

Marie Bataille

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Lundi Chou farci du 10 décembre : Loulou The Cat

 
Photo Claude Degoutte


                                     Loulou The Cat

        Je suis Loulou le chat, chat de maison, 5ème dans l'ordre de l'Importance, après Papounet, Mamounette, Miss Kla et Hector mais avant l'orchidée amazonienne offerte par Claire, avant l'ibis jaune en bois peint d'Afrique et avant le chat noir égyptien du musée du Caire.
          Je suis donc assez important. Mon gag préféré : me cacher et les entendre se faire du mourron. "T'es sûr Hector de ne pas avoir laissé la porte ouverte... T'as regardé dans l'armoire à l'intérieur des chaussures.. T'as ouvert le frigo pour voir s'il n'était pas avec les bouteilles de lait... Faut aller voir dans la cour, il a peut-être sauté par la fenêtre en suivant un pigeon...." 

Franchement ils sont délirants ! La dernière fois ils ont cherché une heure. Mamounette était au bord de la crise de nerf et Papounet se rechaussait, prêt à arpenter l'arrondissement. J'étais juste planqué, entre le deuxième et le troisième tiroir, tout au fond de la commode du bureau. J'avais cogité un bon moment avant de trouver cette planque! Je me suis même demandé plusieurs fois si je n'allais pas mourir de ce coup là, tellement ils étaient sur les dents.... Et si d'agacement, le Hector se mettait à filer un de ses coups de pied de judoka dans un des tiroirs entrouverts ! Ca pouvait me sectionner net les cervicales!
         Y a beaucoup d'autres bons moments. Je suis tombé dans une très bonne famille, très bien intentionnée à mon égard. Je suis aussi tombé dans un bon immeuble de neuf étages. Je peux me balader dans les escaliers comme bon me semble et à l'occasion rentrer chez les voisins. De préférence chez la dame du quatrième qui a très peur de moi et téléphone dare-dare à Mamounette en hurlant: "Il est là, il me fixe!" ou alors chez le très vieux Mr Bruant qui se demande comment je suis arrivé à m'asseoir chez lui devant la télé et qui répète chaque fois qu'il ne va pas pouvoir me garder. Mais le meilleur des meilleurs bons moments c'est quand la petite fille vietnamienne du cinquième me trouve sur son palier et me caresse et me gratte le ventre. Pour ça je me damnerai. Surtout, surtout quand quelqu'un de chez moi , venu à ma recherche, dit d'une voix misérable: "Ca alors ! Tu es bien la seule qui peut le caresser et le prendre dans ses bras." 

C'est vrai ! ... Les gens de ma famille, n'ont droit à presqu'aucune cajolerie,  je fais beaucoup l'ingrat... Faut bien, sinon, ils me brosseraient le poil toute la journée.
             Il y a quelques ratées dans cette vie de château. C'est la visite chez la fille en blouse blanche. Celle que je vais voir, heureusement pas souvent, après un petit voyage en cageotte et qui me plante sauvagement des coups d'aiguilles. Une méchante femme que je n'hésite pas à mordre ! Mais bizarrement c'est elle qui a conclu que mon comportement était à la limite du chat sauvage et dangereux. 

 Certes, j'étais un chaton peu éduqué, né en Normandie mais je suis devenu un vrai chat de maison parisien qui apprécie le confort et un sage intellectuel qui roupille sur la une des journaux et au milieu des grilles de mots croisés.

Marie Bataille

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Mère Rugueuse et les enfants perdus : une histoire de peur, de tristesse mais aussi d'entraide, de courage et d'espérance.

illustratrice : Ingrid Godon

Le Midi Libre  du 20/11/12 :

"C'est devenu une habitude : l'école publique et la maison de retraite de Rieutort commémorent l'Armistice ensemble. Pour les aînés, il s'agit de transmettre la mémoire de ces terribles années de guerre. Par leurs témoignages, leurs souvenirs d'enfance émaillés de larmes et d'émotion, les anciens font prendre conscience aux enfants ce que veut dire la guerre. "C'est important d'en parler. Nous vivons dans un monde un peu fou. Il faut que les enfants sachent que cela a existé et faire en sorte que cela ne se reproduise pas", dit une dame ayant vu, enfant, les bombes tomber autour d'elle. Brigitte Beaury, de l'association les Mots dits, a lu Mère Rugueuse et les enfants perdus. 
Une histoire de peur, de tristesse, mais aussi d'entraide, de courage et d'espérance. 
"Ça nous dit que la guerre ne touche pas que des soldats et des méchants mais aussi des enfants, des parents, des amoureux", dira la petite voix émue d'un écolier. 
Puis les enfants ont entonné la Marseillaise, reprise par toute l'assemblée. Enfin, les enfants ont remis les colis de l'Onac aux veuves d'anciens combattants. Serverette Population, élus, porte-drapeaux, pompiers s'étaient rassemblés nombreux devant le monument aux morts pour rendre hommage aux morts des diverses guerres. Une cérémonie au cours de laquelle le maire, Jean Bonnet, accompagné d'enfants, déposait une gerbe, puis donnait lecture du message du ministre délégué auprès du ministre de la Défense. 
Après la minute de silence retentissait une vibrante Marseillaise. On partageait ensuite le verre de l'amitié à la salle polyvalente."


Ecoutez le début de l'histoire :



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Lundi Chou Farci du 3 décembre : Questions fondamentales sur la vie de tous les jours

Photo Claude Degoutte

Questions fondamentales sur la vie de tous les jours

Pourquoi je sors de chez le coiffeur les cheveux coupés toujours trop courts?
Y a-t-il un "truc" pour couper facilement du film étirable sans saboter le rouleau ou la boîte?
Jusqu'à quel âge le mot "maman" est-il plus facile à prononcer que le mot "papa"?
Les moins de quarante ans peuvent-ils survivre sans portables?
Depuis quand existe le mot "stress"?
Pourquoi vouloir perdre 3 kilos?
Pourquoi ne pas décorer pour Noël la bibliothèque du salon au lieu d'acheter un Nordmann?
Comment faire comprendre à des ados que la vie c'est pas seulement de la tarte, sans leur couper l'appétit?
Avez-vous fait un soir le coup du frigo complètement vide à votre petite famille?
Qu'est ce qui se passe cet hiver si on n'a pas de pull cent pour cent Cachemire à se mettre sur le dos?
Paris est-elle vraiment la plus belle ville du Monde?
Peut-on être féministe pure et dure et épouser un bricoleur endurci?
Vaut-il mieux être une fausse blonde qu'une vraie brune?
Combien nous fait-on avaler de couleuvres par jours?
Combien de temps la planète va t-elle supporter nos gamineries?
Est ce Kate est enceinte?


Marie Bataille

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Lundi Chou farci du 26 novembre : La rue Poète

Photo Claude Degoutte

La rue Poète

 Quand on a du temps, se déplacer en bus dans Paris, en dehors des heures de pointe, c'est génial! On s'offre une demi heure ou plus de rêveries dans des rues méconnues. Ca donne envie de réfléchir, de refaire sa vie, de résoudre ses problèmes, de déménager, de préparer sa réunion, d'organiser ses prochaines vacances, de téléphoner à sa mère, d'offrir un livre à son voyou de fils, de croire que sa fille est bien plus futée que nous, tout ça, en regardant passer la ville et défiler les devantures de magasins. Cet hiver, on ne mettra plus de pantalons mais de jupes et des bottes, on décorera son sapin de ruban en papier kraft, on osera une mèche rousse en pleine frange châtain, on changera les meubles de place, bref, on s'inspirera de ce que la rue nous a offert pendant notre secrète traversée de Paris.
Quand le 88, le 22, le 67, le 29, le 58 et d'autres, nous font sortir des sentiers battus aux enseignes universelles pour passer devant des commerces pleins d'imagination, on rêve comme des enfants trimballés en poussettes. Adieu les Zara, les H & M, les Mango, les Fnac, les Virgin, les Vuitton, les Longchamp, les Starbuck et autres dictatures ! On est au "Point du Jour", à "l'Encre Vive", plus loin à "l'Herbe Rouge", à "l'Arbre à lettres", aux "Chants du Monde" ou à "l'Oeil Ecoute" pour feuilleter d'un regard dans les  vitrines, des romans, des essais, des albums et des poèmes. On ne choisit plus ses chaussures dans quatre cents mètres carrés au sous-sol d'une galerie de Centre Commercial mais dans un petit écrin entre quatre murs, au "Pas de Géant" ou au "Soulier de Satin". Et quand on a fini ses courses, on s'arrête boire un chocolat chaud à "l'Excuse", au "Pas Sage" ou au "Verre Siffleur" si on a vraiment le gosier en pente. Au comptoir des "Ursulines", si on est vraiment plein de nostalgie, on rêve des soeurs en cornettes d'autrefois menant à la baguette des jeunes filles en uniforme bleu marine. 
Pour le coup de fatigue, et quand on sera riche, on jette un oeil aux chaises et aux fauteuils de chez "Etat de Siège". Si on le pouvait, on dévaliserait volontiers pour ranger le bazar de sa chambre "L'Ordre du Monde" plein de boîtes merveilleuses. Et quand je reviens le soir dans mes pénates, hiver comme été, à l'arrêt du bus, j'ai un petit bout de trottoir campagnard où un jeune fleuriste résiste courageusement à la crise... Sur l'auvent de sa boutique, on lit un dernier bon conseil "Effleure la Muse"...
Marie Bataille

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Lundi Chou farci du 19 novembre : Taxi

Photo Claude Degoutte

                                TAXI

Le taxi c'était une DS noire et blanche
qui filait vers le Nord.
C'était comme il y a longtemps,
quand mon père roulait sur la N treize
entre Martre et Roquefort
la visière de sa casquette US
face au Sud.
Le chauffeur avait mis une cassette
de chansons viets
et par les vitres  ouvertes
on avalait l'odeur d'essence et de fumée.
C'était un peu comme un jour de Juin
sur la route bétaillère d'Alger
quand on allait rejoindre Tipasa
au bord de l'eau.
Saigon s'arrêtait derrière un vieux pont
quand la DS quittait l'asphalte.
La ville s'amenuisait dans le rétro
jusqu'à disparaître.
On roulait dans le silence retrouvé de la campagne
en évitant les ornières pleines de pluie,
on fendait des nuages de terre rouge,
on passait devant la maison mandarine
au toit de jade éventré.
Je regardais les magasins serrés et légers
comme des maisons de cartes à jouer,
avec leurs tabourets d'enfant
sur lequel une marchande assise s'éventait.
Ca sentait la feuille de bananier
après la voie de chemin de fer.
C'était au bout de cette allée
décorée de robes à volants fluo
et de boîtes en plastique,
de carrioles et de petits métiers
juste après le bois de cocotiers,
que tu pointais ton nez de petite anamite,
Clara,
pour voir de quoi le jour était fait.

Marie Bataille


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Lundi Chou farci du 12 novembre : Les pages blanches

Photo Claude Degoutte


Les pages blanches

Ho, le poète, traverse un grand désert. Depuis de longues semaines, il ne peut plus écrire. Il se lève le matin, regarde par la fenêtre et voit les choses telles qu'elles sont. Simplement comme elles sont. 
              Les délices de l'automne, la chute des feuilles, les jours gris et humides, les matins brumeux et les soirées noires, lui pèsent, le harcèlent, l'inquiètent et ne lui disent plus rien qu'il ait envie d'écrire. Il a besoin de vivre. Il  faudrait qu'il essaie de prendre la vie à bras le corps. Il voudrait se lever le matin avec une épouse dans son lit et des enfants qui piaillent. Il voudrait prendre le métro et sentir la foule s'écraser contre lui, arriver dans un building de 20 étages et s'aplatir dans l'ascenseur comme un employé modèle. Mais il est seul chez lui, avec le minimum de choses utiles, avec des feuilles blanches et des rêveries qu'il doit dompter et transformer en mots. Il est seul le soir à attendre les coups de téléphone improbables de son éditeur.
               Alors ce matin, il est parti tôt pour traverser la ville, boire un thé brûlant, marcher sous la dorure des bois de ginkos, jusqu'à la nuit. Et quand il est rentré, il a allumé son poste de télé et ouvert une bouteille de bière. Il était convaincu qu'il n'y avait rien de grave à ne plus écrire. Il n'aurait plus besoin de courir après les honneurs et les récompenses, il deviendrait un autre homme. Un homme qui n'écrirait plus et apprendrait à vivre sans illusions.
              On sonna à la porte. Melle Lim se présenta. Elle s'installait dans l'appartement d'en face. Elle était secrétaire chez Tchang and Co. Elle avait une frange bien droite et bien lisse, une petite bouche rouge, un tailleur vert et beaucoup d'élégance. Quand Ho referma la porte et but une gorgée de bière, il comprit tout de suite qu'il était redevenu poète. Le parfum discret qu'avait laissé entrer Melle Lim dans la pièce, flottait comme une invisible fumée d'opium qui endormit tous ses doutes, toutes ses révoltes, et toutes ses angoisses. Ho était redevenu lui même. Un poète. Il alla s'assoir à la table et sortit du tiroir une petite ramée de feuilles blanches.
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Lundi Chou Farci du 5 novembre : Balade automnale

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Balade automnale

    Les vacances de Toussaint battent le plein. Paris est devenu un grand parc d'attractions rempli de touristes qui mangent des gauffres, avalent des canettes en lisant des plans et des guides. Dans le bus une jeune provinciale demande à son fils : "Alors c'était bien?" "Délicieux" répond le gamin en s'essuyant la bouche. "Mais bichon, je te parlais du musée...." Ahhh! Moi je croyais du pain au chocolat!"... Après tout il a raison ce gosse. La culture ça va un peu... Une bonne viennoiserie vaut bien des heures d'attente pour visiter des salles combles avec des chefs d'oeuvre aussi inaccessibles que la doudoune soldée à 50% dans un grand magasin comble de haut en bas. Paris a perdu son âme. Paris fait du fric. Paris se déhanche comme une Kate Moss sur le podium des plus belles villes du monde... mais elle n'est pas la seule!
        Pendant ce temps, la vieille Samaritaine n'intéresse plus personne, rouille et se décrépit. Il est dix sept heures. Le ciel pâlit et devient mélancolique. Le vieux grand bâtiment superbe et déchu regarde la Seine et tous les petits humains qui se prennent en photo. Il attend qu'un jour quelqu'un ait une idée bien juteuse pour revenir peut-être à la vie. Devant ses devantures rouillées, sales et aveugle, j'attends le bus, au même endroit qu'autrefois. On s'imagine que devant cette bâtisse misérable et abandonnée jamais ne passera plus un bus... J'aimais tellement la Samar. Il me reste quelques trucs de ce magasin intemporel : quatre verres à  vin, une batterie de casseroles, deux taies d'oreiller, une couette, des outils et un pyjama en flanelle. La Samar c'était pour la vie.
           Odéon est noir de monde mais devant le Sénat et le long du Luxembourg qui vient de fermer ses grilles, la vie tranquille revient. Le lycée Montaigne lui aussi tient ses portes closes. La rue Vavin est vidée de sa jeunesse adolescente échevelée  pour laisser la place aux poussettes et au petits deux pattes qui reviennent de faire des pâtés de sable. Dix huit heures, la nuit s'annonce. La terrasse de la Villa Borghèse est sans personne. La jeunesse dorée du quartier est partie aux Maldives ou aux Seychelles. On passe devant la tour Montparnasse qui clignote comme un stand de foire et on file vers les extérieurs. Soudain dans mon coeur, il n'y a plus que l'automne. Son parfum et son humidité. Les trottoirs tristes tâchés des premières feuilles d'acacias qui annoncent définitivement la fin des beaux jours, des jours heureux chauds et lumineux. Ca sent le sapin et les histoires mensongères de l'hiver que seuls les enfants arrivent à croire.
Marie Bataille

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Lundi Chou farci du 29 octobre : Cimetière


Photo Claude Degoutte



Cimetière

Papy Louis a cassé sa pipe. Mamy Jeannette a beaucoup de mal à s'en remettre mais elle a charge d'âme. Faut qu'elle tienne le coup. Y a Bilou qui va sur ses 36ans en âge chien, Lulu le chat qui vient de fêter ses 8 ans normaux et puis au fond du jardin, Raymonde, 108 ans en âge tortue. Ca fait du monde à nourrir, dorlotter, engueuler, sortir, rentrer, perdre et chercher.
        Heureusement, Bilou est obéisssant. Raymonde, par contre, est une tête de mule . Quant à Lulu, il est complètement déjanté. A son âge ça lui arrive encore de grimper aux double-rideaux et de courser une mouche en renversant tout sur son passage. Mamy Jeannette a charge d'âme...
          Bref, c'est bientôt Toussaint. Et voilà que quand Mamy Jeannette s'est préparée pour aller nettoyer la tombe de Papy Louis, Bilou a aboyé qu'il voulait venir.. Il voulait aller dire un petit bonjour à son papounet qui le promenait tous les matins en lui racontant la raffle du Vel d'Hiv, les parties d'échec au Fontenoy après la guerre et pourquoi il avait décidé de ne plus conduire. "Bon, d'accord" a dit Mamy Jeannette.
        Seulement, arrivés au cimetière, les deux gardiens de l'entrée principale  ont fait remarquer à Mamy Jeannette un panneau qui disait: chiens interdits même tenus en laisse. En rebroussant chemin, Bilou qui est pourtant d'un caractère facile a fait tout un patacaisse. Il n'a pas pris son repas du soir et il a énervé Lulu jusqu'à ce qu'il grimpe dans le lustre et y reste suspendu en se balançant. Mamy Jeannette les a menacé de les donner en faisant passer une annonce dans "le Chasseur Parisien", mais ça ne les a pas plus impressionné que de les menacer de la SPA. Finalement Mamy Jeannette a cédé et promis à Bilou qu'il irait au cimetière.
      Le matin du 28 Octobre, Antoine le petit-fils passait d'un coup de scooter et  laissait pour 24 heures chrono son sac à dos Eastduchnok à Mamy Jeannette. L'après midi, Mamy Jeannette enfournait son chien dans le sac en lui disant que si il aboyait, elle irait en prison et lui en fourrière. Mamy Jeannette, sac sur le dos, préféra ne pas rentrer par l'entrée principale et tint la fermeture éclair du sac bien fermée. Arrivée devant la tombe, elle posa le sac par terre, l'entrouvrit et Bilou put sortir un bout de truffe pendant qu'elle s'activait au nettoyage, Bilou dit à son papé tout ce qu'il avait sur le coeur: qu'il lui manquait beaucoup, que les promenades avec Mamy Jeannette c'était couci-couça et qu'il espérait qu'il allait revenir vite fait de son nouveau logement. Et comme il était très content d'avoir pu parler à son papé il pissa dans le sac. Dans toutes ses recommandations, Mamy Jeannette n'avait pas stipulé que c'était interdit.

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Lundi Chou Farci du 22 octobre : Les temps sont durs

Photo Claude Degoutte





Les temps sont "durs"!

Et pour tout arranger bientôt la Toussaint qui va nous ramener au cimetière. Et les cimetières, pas forcément des beaux, des grands, pas forcément genre petite ville silencieuse aux caveaux sculptés où dorment des cercueils riches et célèbres, non, des paumés en provinces, des minimalistes en banlieues, des coincés entre le périph et le boulevard, des qui vous fichent encore plus le bourdon d'être mortel.
Les temps sont "tristes" pour les tigres du Bengale et de Sumatra. L'espèce va disparaître, dans dix ou quinze ans. La nuit, dans l'épaisseur moite de la jungle, on ne verra plus briller les yeux sauvages du grand chat. Mais il ne va plus y avoir de jungle non plus. Les hommes et leurs petits peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Le mangeur d'hommes s'éteint à petit feu et les forêts aussi.
Mais les temps sont "phone", les temps sont "canon", l'homme va plus vite que le son et tirent toujours plus vite que son ombre, les temps sont "mail", les temps sont "stars", les temps sont "nuls" comme  certains matchs, les temps sont en "réserve" et là, la nature prospère, étiquetée, mesurée, balisée, les temps sont "injustes" du Nord  au Sud.
Et puis les temps sont "élastiques" en sautant d'un pont, "touristiques" au bord du Lac du Croissant de Lune qui devait rester comme les tombeaux de Pharaon, une perle d'eau introuvable, les temps sont "musées", "centres culturels" et "tours commerçantes"...
Les temps sont "cliniques", "nobel" et  "prometteurs".  Ah, oui, et les temps sont à la "mondialisation".... Ce matin à la radio, j'entendais l'écrivain Pennac dire qu'une des choses qui le ravissait, c'était d'être dans le silence du Vercors, assis sur le banc de sa maison, seul devant le silence.... Les temps sont "prières", aussi. 

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CHOU FARCI DU 16 OCTOBRE : BOUTIQUES ET SOUVENIRS

Photo Claude Degoutte


Boutiques et souvenirs

Quand j'ai quitté ma province, Paris, comme pour beaucoup de migrants, ce fut d'abord l'installation en banlieue. Ce n'était pas la grande banlieue mais celle qui était juste de l'autre côté du périphérique. C'était  une autre petite province avec quelques barres d'immeubles et beaucoup de pavillons de briques et de meulières dans des rues sages et sans saveur, des petites épiceries et des marchands de légumes, des quincailleries, des coiffeurs et des marchands de journaux regroupés près d'une bouche de métro ou des arrêts de bus. Quand on y habitait c'était préférable d'avoir une voiture.
A la moindre occasion, je passais par dessus le boulevard périphérique pour  m'engouffrer dans Paris, l'autre monde. Celui de la ville en lettres capitales à qui les dieux avaient tout donné. De la porte de Versailles, jusqu'à la porte d'Italie, je connaissais toutes les rues qui me menaient, au volant de ma 4CV d'occase, dans l'immense sanctuaire des merveilles, au coeur de l'écrin, dans ses zones d'ombres et ses beaux quartiers, ses délires d'architectes et ses faubourgs populaires. Je découvris, d'abord et surtout, Paris la nuit, et pour cause, le jour, je travaillais.
C'est la mère d'un ami qui me fit découvrir peu à peu Paris, le jour, le mercredi. Je ne dirai rien d'elle. Son souvenir est tout entier dans les rues et les magasins de "notre" Paris. Il y a surtout une boutique de luminaires boulevard Raspail. Denfert Rochereau était seulement une place assez tranquille avec un lion monumental dont on fit le tour. Quand on emprunta le large boulevard calme et arboré avec au loin la promesse de Montparnasse, on arriva tout de suite au magasin, seul et chic. Beaucoup trop chic pour mon porte-monnaie. Mais à cause de toute la lumière qui jouait dans la vitrine, du cadeau qu'elle me fit, et pour un tas d'autres  raisons, ce magasin de Paris devint l'un de mes "monuments préférés".  Depuis, je passe et repasse devant ce magasin, en bus, en taxi, à pied ou en voiture avec la même émotion intacte.
Alors quand l'an dernier, sa devanture s'est éteinte annonçant des travaux et une fermeture, la modernité volait scandaleusement un de mes premiers souvenirs parisiens. J'ai ressenti une catastrophe imminente. Heureusement quelques mois plus tard, le magasin  rouvrit ses portes avec, miracle, la même enseigne. D'autres lampadaires chic et choc brûlent de nouveau sur la belle avenue. Sans doute  pour ne pas laisser mourir cette petite flamme d'un après-midi, ou une jeune-fille en fleur devenait une "parisienne". 
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Lundi chou farci du 8 octobre : Les arbres de l'avenue.


Photo Claude Degoutte

Les arbres de l'avenue

"Cet arbre sera abattu pour des raisons de sécurité". Un arbre en face de chez moi porte ce panneau agrafé sur le tronc. Ca me fait penser à un intellectuel  "révisionniste" du temps de Mao à qui les Gardes Rouges avaient attaché autour du cou une pancarte qui dénonçait ses crimes bourgeois. Cet arbre malade doit se dire qu'il n'est pas né au bon endroit, au bon moment et qu'il sera guillotiné sans procès.
Dans une forêt, le temps lui aurait été donné de voir ses racines dépérir, son tronc se couvrir de mousse et de parasites et par une nuit d'orage et de vent il serait tombé foudroyé en travers d'un sentier, en écorniflant au passage deux ou trois voisins et amis, d'essences différentes.
Mais dans les rues de Paris, l'arbre n'a pas de vrais amis . Il est une espèce de potiche ornementale et utile en bordure de trottoirs, qui fait de l'ombre, nous redonne un chouya d'oxygène, fait paravent et décore. Personne ne lui parle, les chiens lui pissent dessus, les pigeons, les corneilles et les moineaux s'en servent de perchoir et le décoiffent et s'y disputent, les vélos s'y reposent, les déchets s'y entassent. Ils sont élagués quand ils gênent, sans tenir compte de la saison. Ils ont pour boire et pour manger des carrés de terre ridicules et leur racines s'enfoncent dans du macadam dur comme des sandwiches quidatent.
Les plus chanceux sont au bord d'un étang, au milieu de pelouses vertes dans des parcs et des jardins. Ils ont un peu plus d'égards, on les égratigne pour y graver un coeur, des initiales ou des prénoms et ils seront pour toujours l'arbre des promesses, l'arbre d'un lieu ou d'une naissance. A la belle saison, on les regarde d'un balcon et on rêve au dessus de leur fourrure de feuilles, au temps qui passe et aux beaux jours de la vie. A l'automne, les enfants ramassent leur or qui tombent par poignée et l'hiver leur squelette fait patienter.
Savent-ils, ces arbres de ville, qu'il y a des forêts profondes, des vallées secrètes, des chemins perchés, avec des arbres libres et penseurs, des arbres devant lesquels les hommes s'agenouillent et se prosternent, parlent et pleurent, des arbres qui cachent des animaux menacés, des maisons et des tribus perdues, des arbres qui soignent, qui protègent, qui ont des siècles de savoir et de secrets, des arbres qui se battent contre la dévoration des hommes de ce siècle affamé?
Il est conseillé d'être poli avec le chauffeur de notre bus quotidien, alors en sortant de chez vous, parisiens, dites aussi bonjour à votre arbre!
Marie Bataille
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Lundi Chou farci du 1er octobre : les "20 flops" de la rentrée

Photo Claude Degoutte

les "20 flops" de la rentrée

Courir après le bus.
Faire quelques UV, histoire de prolonger une illusion.
Faire terrasse au café du coin seulement parce qu'on a recommencé à fumer.
Demander aux enfants ce qu'ils veulent pour dîner.
Eviter la concierge parce qu'on n'est toujours pas allée reprendre son orchidée amazonienne.
Ne plus aller au cours de Taï Chi parce que le prof a changé : cette année, Gaëlle  remplace Jérémie.
Afficher dans le bureau les ponts du mois de Mai et ses RTT.
Demander à son fils ainé les dates du Bac.
Penser déjà son cadeau de Noël.
Garnir le congélateur de glace au caramel beurre salé pour se croire encore en Bretagne.
Changer de canapé pour mieux prendre racine devant la télé.
Jouer au Loto pour pouvoir s'offrir un jour l'I Phone 8.
Rentrer dans le RER en disant "Salut Tout le Monde" comme ça se fait au
café-tabac de son village.
Descendre les valises à la cave.
Traîner dans l'appartement le samedi matin en tongs et paréo.
Se remettre à parler au chat.
Ne plus vernir les ongles de ses doigts de pied.
Ne plus chanter sous la douche.
Se regarder de haut en bas dans la glace et filer illico se peser. 

 
Marie Bataille


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Chou farci du 24 septembre : Règles de vie

Photo Claude Degoutte

Règles de vie

Le syndic a rappelé à l'ordre les habitants de l'immeuble... Trop de laisser-aller! Pour commencer, il est vivement recommandé de parler avec modération, en évitant de hausser la voix, chez soi et dans les parties communes. Au chapitre ménage, on nous dit qu'on ne doit rien étendre aux fenêtres, rien secouer, à l'exception des chiffons pour dépoussiérer, mais seulement  entre 8 et 9h, pas de balais, pas de torchons, pas de tapis... En résumé, plus de ménage... Les féministes applaudiront! Les animaux doivent restés barricadés. Et les chiens seront  bien entendu tenus en laisse. Loulou le chat qui zone tous les jours dans les escaliers va donc devenir un hors la loi!  Pour finir, on comprendra que dans le vide-ordure, moins on y jette de trucs sales plus il est propre. Donc on n'y jettera presque rien et seulement dans des sacs plastique super blindés qui n'exploseront pas en tombant pour ne pas mettre du caca partout.
            Ah!.. Bonne mère! Où est-il le temps béni de mon enfance chez Mamy Dubois, dans le vieil immeuble de la Rue St Rome ou les sept étages surplombaient une cour cimentée qui résonnait comme un théâtre. Le décor : des paires de chaussettes et des slips XXL qui séchaient aux balcons. Les bruits: des scènes de ménage shakespeariennes qui nous confirmaient que le Père Combert était toujours, malgré son âge, le Don Juan du quartier, les aboiements de Youki oublié tous les week-end et qui se défoulait en allant d'une fenêtre à l'autre, les confidences de deux insomniaques, Madame Henri veuve de son état et Madame Lecoq mariée et mère de cinq enfants, les retours alcoolisés et hésitants de Mr Legras qui se prenait pour Luis Mariano. Mais le matin, quand tout ce petit monde descendait l'escalier et traversait la cour ce n'était que des bonjours gracieux et des comment allez-vous sincères suivis de rendez-vous pour l'apéro. Les excès en tout genre de la veille donnaient lieu à d' aimables moqueries censées servir quand même d'avertissements. On n'affichait aucun papier mais quand la coupe débordait et que les sarcasmes ne suffisaient pas, on se faisait la gueule pendant deux jours. Quand c'était calme au point d'entendre une mouche voler, c'était très mauvais signe. C'est qu'une vie, tristement, s'en allait ou était déjà partie. Et si un marmot l'oubliait, une taloche sans commentaire le rappelait, au silence et au respect.
           Et vous allez me demander si je trouvais tout ça génial? Ben oui. Y avait pas de concierge, pas d'affichage, pas de lois mais la cour était propre et lavée à grande eau, les marches de bois blanchies au Javel. La  tonitruance de la vie tenait la dragée haute à la mort. Restaient les paires de baffes! Ca par contre, on aurait pu s'en passer, mais moi et les autres nous étions devenus des  maîtres dans l'art de l'esquive et des courses poursuite!

Marie Bataille

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Lundi Chou Farci du 17 septembre : 20 bonheurs de vacances

Photo Claude Degoutte

 

  20 bonheurs de vacances

Recevoir et envoyer une carte postale avec un joli timbre.
Ecrire sur des galets les événements heureux de l'année : 

rencontre Georges Clooney Mars 2012, ou Bac d'Antoinette Juin 2012 ou aussi Popol a arrêté de fumer (5ème édition) Mai 2012....
Mettre dès qu'on se lève son chapeau de paille .
Porter une robe de lin transparent comme Néfertiti.
Ne plus écouter la radio.
Ne plus regarder la télé.
Apprendre les nouvelles du monde avec trois jours de retard.
Parler anglais.
Faire du scooter sans casque.
Partir se baigner à 8h du soir ou à 9h du matin.
Boire plus que de raison un soir de retrouvaille.
Lire un roman qu'on n' oubliera jamais.
Voir la vie en lunettes de soleil.
Avoir la peau qui sent bon l'ambre solaire.
Boire dans des grands verres pleins de glaçons.
La nuit, aller loin des lumières pour voir des étoiles filantes et faire des voeux.
Avoir autant de paires de sandales que de jours dans la semaine.
S'endormir sur la poitrine de son chéri et renifler son tee-shirt plein de sel.
Cueillir un fruit à l'arbre et le manger.
Voir au moins un feu d'artifice.


Marie Bataille


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Lundi Chou Farci du 10 septembre : Rentrez donc !

Photo Claude Degoutte

Rentrez donc !

Finis les lundis clafoutis, on passe à du sérieux, un truc qui tient au corps, le chou. Donc désormais ça sera Lundi Chou Farci. Un peu lourd?... Pour s'alléger, regardons les gazelles des jeux paralympiques sur leurs spatules! Des Ibis mutants. On oublie en les regardant que ces filles et ces types du 3ème type portent des prothèses. Moi je vois des nouveaux humains, souvent beaux, qui défient les lois de la gravité, de l'adresse et de la souplesse, de l'humilité, de l'intelligence et de l'amour de soi... Je me doute qu'ils aimeraient beaucoup faire encore partie du club des deux bras deux jambes qui parfois se la pètent ou chipotent un arbitrage. Mais tous ces sportifs à qui il manque quelque chose, finalement sont comme mon chou farci, bien entier et bien plein à l'intérieur.
            Sportif, aussi, de retrouver Paris quand on a passé quelques semaines, perdue dans la campagne profonde. Mieux vaut également muter assez vite si on veut réussir à monter dans le bus aux heures de pointe. Sur mes routes secondaires qui attendent l'automne, quand on croise quelqu'un, connu ou inconnu, on dit toujours bonjour. Pas seulement par politesse, mais par curiosité, pour envoyer un son de voix humaine à l'autre de la même espèce. Un peu comme les chiens qui se reniflent le cul.
                   Enfin sportif avec l'esprit d'équipe, il faut l'être, quand on retrouve ses voisins, son chef de service, l'emploi du temps de son fils lycéen, la chambre de sa fille qui a invité Tout Paris, la gueule du chat Loulou qui vous en veut d'être parti sans lui, le Président de la République, ses ministres, les journalistes et la télé, le stationnement, les prunes et la pollution, les jours qui passent égoïstement à farcir du chou, quoi!
                        Faudrait atterrir là!... Les jeux, le sport, Londres, Les Seychelles, la bronzette, le Bob sur le chou, le vélo sans Vélib, le maillot deux pièces, les bonnes glaces le soir sur la promenade, c'est fini! Allez on rentre... et plus vite que ça! 

Marie Bataille


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Lundi Clafouti du 3 septembre : Lettre à mon cousin

Photo Claude Degoutte

Lettre à mon cousin

Cher Cousin Loulou,          
         Mon île est redevenue calme. Les touristes sont presque tous repartis et je peux de nouveau m'installer sur une chaise ou une table du restaurant de mon maître sans que personne ne me chasse. Les jours commencent à raccourcir. La lune vient s'asseoir de bonne heure dans le ciel pour me regarder. Je lui fais un peu la conversation. Je lui dis que j'ai de la chance, que l'aubergiste est un bon maître et qu'il m'a acheté un collier anti puces. Nous ne sommes pas nombreux à en avoir un sur cette île où les chats sont traités comme des moins que rien. Le matin j'aime aller au port sentir l'odeur du poisson frais et du poulpe. Quand le bateau des voyageurs arrive de l'île voisine, il est presque vide et les gens avec des bagages ou des sacs à dos sont de plus en plus rares. Plus grand monde non plus aux terrasses des cafés. Je vais commencer à m'ennuyer. Il n'y a plus de petites filles blondes pour me caresser, me dire de jolies choses et vouloir m'emmener dans leur lointain pays. Il n'y a que les enfants d'ici qui ne font pas beaucoup attention à moi et qui me prennent seulement pour un mangeur de cafards. Quelquefois je longe le chemin de la plage et je m'installe sur un muret pour écouter la mer. Elle aussi se plaint de ne plus entendre beaucoup d'éclats de rire, de cris et de flip-flap. L'île tout entière va bientôt s'endormir, les portes des boutiques se refermer, les marchands de glaces disparaître. Le ciel va nous manger tout cru en silence.
            Je confie cette lettre à ta maîtresse qui va fermer sa valise et revenir  vers toi pour toute une année. J'attendrai son retour et ta lettre. Comme d'habitude parle-moi de Paris, de ta vie en appartement, de ton docteur vétérinaire, de tes tapis et de tes fauteuils, de tes voyages en voiture, de tes boîtes de croquettes et de quelques nouveautés.
            Je te souhaite un jour de pouvoir découvrir mon île perdue et je me souhaite un jour de te rendre visite. Je ne sais pas comment tout cela sera possible mais avec le progrès et l'amour que nous portent certains humains, nous aurons peut-être l'occasion de nous rencontrer.
               Mon cher cousin, reçois mes ronrons les plus chers et mes miaulements distingués.
                Ton cousin Zorba 

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Lundi Clafouti du 27 août : Patou

Photo Claude Degoutte
Patou

Quand je serai grand
je veux devenir chien,
chien de berger évidemment.
Gros patou blanc
qui court dans les champs
sans laisse ni collier.
Ma soeur Clara et son fiancé
seront bien sûr deux gros moutons
et mon papa,
ça va de soi,
sera un ogre ou un loup des bois.
On vivra tous à la campagne
et ça, qu’est ce que ça me plait !
Ma maman sera une belle vache
et on boira des litres de lait.
Quand je serai grand
je serai le roi, évidemment,
                                           des patous blancs....


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Lundi Clafouti du 20 août : Adresse

Photo Claude Degoutte

Adresse

A Roquefort, c’est un peu fort !
j’ai découvert un grand secret.
Sur la route, vers la gare,
un coup à gauche, un coup à droite
après la ferme des trois canards,
y a une rue au nom bizarre
au nom qui fiche les jetons....
Dans cette rue qui est cachée
à deux pas de la voie ferrée,
y a une drôle de maison
avec des murs en béton
et une énorme cheminée.
Sur le trottoir d’en face,
devinez ce qui est garé ?
Une voiture américaine aux grosses ailes
jaune citron.
Et alors me direz-vous ?...
Eh bien figurez-vous
que ça file des frissons
parce qu’au coin de cette rue
sur une belle plaque en plomb
on peut lire en toutes lettres :
Rue du Loup

Marie Bataille

a lieu à Arbas le dimanche 19 août

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