" MARIE BATAILLE auteur littérature jeunesse, livres pour enfants, presse, roman feuilleton: mai 2012

Lundi de Pentecôte Ravioli du 28 mai : Heureusement bientôt.

Photo Claude Degoutte

Heureusement bientôt.

Temps de Mars en Mai puisqu'en Mars temps de Mai...
Mais... Heureusement Bamby le sanglier va rester avec son père adoptif, décision de justice... Non, non il ne s'agit pas du petit faon qui a perdu ses parents dans un incendie de forêt, mais bien d'un sanglier... d'un Bamby made in france, du plat préféré d'Obélix, sans sauce Walt Disney, pas du flan, quoi!                            
          Heureusement il y a le Festival de Cannes et son tapis rouge Hollywood qui scotche des dames et des messieurs habillés comme Ben et Barbie... et la Palme ! Et cette année c'est "Amour" tout un programme pour ces temps obscurs et agités.
        Heureusement le pingouin qui a été kidnappé dans un zoo australien par deux ados gravement imbibés de bière a été sauvé in extrémis par une bonne douche, après avoir été retrouvé le lendemain matin complètement ratatiné et déshydraté dans un coin puant de leur chambre.
     Heureusement il y a aussi tous les jours de la semaine et même le dimanche mes deux petits hommes verts, qui s'affairent sous mes fenêtres pour nettoyer la rue avec des balais verts... Deux espions Martiens qui prétendent être employés de la mairie de Paris... Mais à moi on ne me la fait pas!
       Heureusement qu'il y a Facebook, Internet, Twitter et autre Zombie New Age avec leurs listes de vrais faux amis longue comme une queue de musée du Louvre un week end de Pentecôte et qui me déverse des discussions cacophoniaques comme si j'étais une imprimante de fax.
      Heureusement qu'il y a le tiercé du Grand Prix de Mai. Cette année fallait jouer le 8, le 17 et le 27. Les gagnants ont eu des ponts longs comme le Golden Gate.
        Heureusement qu'il y a Kiki, le chien mascotte du quartier, paralysé des deux pattes arrière à qui on a attelé une sorte de petit sulky à deux roues et qui galope avec ses deux pattes avant, fier et heureux comme le comptoir du Verre Siffleur, le troquet du dimanche.
           Heureusement qu'il s'est mis à faire beau, que du coup les garçons ne mettent plus de chaussettes, que les filles ne portent plus de collants et qu'on se contentera midi et soir d'une petite salade comme les lapins... Et qu'au lit aussi on aura envie de faire les gros lapins. 
Marie Bataille 

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Lundi Ravioli du 21 mai : Proverbes

Photo Claude Degoutte

Proverbes.

Quelque part sur les hauteurs des terres de l'Angola se réunissent des centaines de petites rivières qui vont devenir, en se rencontrant au hasard de longues promenades tortueuses, le fleuve Okavango. Et le fleuve Okavango, fils de ses petites rivières, n'a jamais pensé à la mer. Il ne s'est jamais dit que c'est par là qu'il devait aller pour finir sa vie. Il a pensé à l'autre côté de la mer, il a pensé au désert. Il est parti à travers la Namibie jusqu'au Botswana vers le désert de Kalahari. Et puis quand il a vu le désert, il ne s'y est pas laissé prendre d'un coup par le sable assoiffé. Non. Il a pris le temps de donner son âme à chaque parcelle inculte, il a pris le temps de se dédoubler et d'avancer en furetant, donnant de l'eau par ci par là, créant sur son passage une multitude d'oasis peuplées de baobabs, d'acacias, de palmiers et de papyrus, d'éléphants, de crocodiles, de cobelechwes, d'hippopotames, de tentales et autres oiseaux. Alors, seulement après avoir abreuvé toutes ces terres assoiffées, il pensa que sa vie de fleuve avait été bien remplie et qu'il pouvait mourir puisqu'il était devenu delta en plein désert, puisqu'il avait pu ouvrir des centaines de bras porteurs d'eau sur une terre qui aurait du être stérile.
             J'ai lu cette histoire dans un bel Album acheté trois francs six sous à l'étalage d'une solderie installée sur le trottoir. J'ai pensé à notre nouveau président et je me suis dit que si les étrangers pouvaient voter dans nos mairies, ils auraient beaucoup d'histoires incroyables à nous raconter. Des choses que nous savions autrefois mais que nous avons mis de côté. Par exemple, que tous les chemins mènent à Rome, que tout ne coule pas de source, que les petits ruisseaux font les grandes rivières, qu'il y a loin de la coupe aux lèvres, que la vie a plus d'un tour dans son sac, qu'avec la foi on peut déplacer des montagnes, qu'il ne faut pas dire : fontaine je ne boirai pas de ton eau... Bref, qu'il ne faut pas toujours regarder la vie par le petit  bout de la lorgnette.
              
Marie Bataille

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Lundi Ravioli du 14 mai : La folle de Chaillot

Photo Claude Degoutte

La folle de Chaillot

Elle est montée à la station Denfert. Une petite dame, sans âge, bien coiffée et un peu rondelette dans sa robe légère de fin d'été. Elle tenait un sac noir coincé sous le bras, l'anse posée sur l'épaule. On venait juste de rentrer dans un tunnel quand sa voix s'est élevée, envahissant la rame d'un déluge harmonique. La voix puissante et aérienne chantait un opéra inconnu qui stoppa net les suées, les effluves, les toux, les portables, les conversations et capta les âmes les plus somnolentes et retors.
Ca nous changeait tellement des précédents nasillements sono play-back, des violons acrobates, des accordéons essoufflés, des marionnettes poilues et des duos rap-tambourins! Du coup, nous avons presque tous enfilé nos visages d'enfants curieux sur nos têtes de travailleurs parisiens. Les yeux s'ouvraient tout ronds, les oreilles s'apaisaient, les coeurs devenaient sereins.
On se disait qu'il fallait savourer, qu'on  était transbordé à La Scala pour deux stations tout au plus. Et puis un peu avant Montparnasse Bienvenue, on s'attendait tous à voir s'agiter sous notre nez le petit sac noir qui réclamerait quelques pièces. Mais rien.
Le flot humain est descendu puis remonté à Montparnasse mais absolument rien  ne dérangea la cantatrice. On roula avec elle  jusqu'à Chaillot. C'est à Chaillot que la dame ouvrit subitement les portes et descendit sans se retourner. Mais elle s'arrêta net sur le quai et agita son bras en faisant au revoir et en jetant un baiser. Alors un type s'est levé d'un bond et a applaudi avec frénésie. Je ne sais pas si elle a pu le voir. J'ai mis un temps fou à quitter ma tête d'enfant émerveillée pour remettre celle de tous les jours. D'ailleurs je devais l'avoir encore cette tête émerveillée en arrivant dans le hall du bureau car ma collègue du Service des Assurances a été catégorique en me dévisageant: "Toi t'as fait du botox!"
Marie Bataille

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Lundi Ravioli du 7 mai : en campagne


Photo Claude Degoutte

En campagne.

Pendant que les candidats pour la présidentielle s'étripaient, gesticulaient, se pavanaient et refaisaient le monde sous l'oeil gourmand des médias qui n'en laissaient pas tomber une miette, la voix chaude, vibrante, si sensuelle et masculine de Jean Ferrat résonnait dans mon coeur, comme du temps de mon père... Que la montagne est belle!.. 
Pourtant il pleuvait des cordes aux confins de la Garonne et de l'Ariège! Un printemps pourri dans cette vallée où je suis née, qui serpente et va buter contre les premières pentes boisées des Pyrénées. Là, malgré les machines à laver, les home cinémas, les 4x4, les voyages tuto includo, les lotos géants, l'ours, l'autoroute, les ralentisseurs, les Intermarchés, les ronds-points aménagés, les Conforamas, Internet et la TNT, le prix du pétrole qui flambe et autres calamités modernes indispensables, les paysages et ses quelques habitants, loin des villes, continuent de regarder passer les septennats et les quinquennats comme autrefois les vaches, un train... Avec étonnement toujours, incompréhension parfois, lassitude souvent et intérêt à chaque fois... 
La route bordée de catalpas centenaires, la grange éventrée couverte de glycine , le clocher derrière l'ilot de peupliers, le chien qui dort sur la ligne jaune, le tracteur bouffi qui traine une remorque en prenant son temps et ses aises, l'épicerie-tabac plus glaciale qu'un frigo, les 2 poulets plus bio que bio qui picorent au milieu d'un champ, la 4L Renault beige dont on se demande comment elle a pu ressortir vivante du contrôle technique, toutes ces choses se disent que oui, bien sûr, les bulletins vont dans les urnes, les députés montent à Paris avec le sénateur, le TGV et les avions transportent des ronds de cuir régionaux et des attaché-cases remplis de dossiers, oui bien sur, mais tant que tout ça ne fait pas plus de bruit que le vent dans les feuilles des arbres, que Paris est toujours Paris, là bas, très loin, à 800 bornes, tant que la montagne est belle et à la même place, tant qu'elle est rousse en Automne et verte au printemps, on se dit, en faisant avancer la brouette à grands pas crottés, eh bien ma foi, que gauche, extrême gauche, droite, extrême droite, centre, extrême centre, vert, extrême vert, ici on se débrouillera toujours.
On se dit que tant que la montagne est belle il faut en profiter, aimer et respecter son prochain et croire à la beauté des choses... Sauf, à la rigueur, quand on a un verre de pastis de trop dans le nez! 

Marie Bataille

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