" MARIE BATAILLE auteur littérature jeunesse, livres pour enfants, presse, roman feuilleton: ROMAN FEUILLETON / la merveilleuse histoire de Ronrono Chapati / semaine 66

ROMAN FEUILLETON / la merveilleuse histoire de Ronrono Chapati / semaine 66


Semaine 66


Onaké arriva à Roissy tôt le matin. Elle avait prévenu Guillaume de son arrivée en France sans lui préciser le jour. Elle voulait retrouver la vie parisienne seule, seule avec le souvenir des anciens concerts donnés à Pleyel, seule avec le souvenir du Kolonel, seule avec le souvenir de La Salle si attentif et dévoué, seule avec le souvenir, le plus vague de tous, de sa première rencontre avec Guillaume. 
Elle me récupéra au guichet des bagages spéciaux après avoir été chercher sa valise. On passa la douane où elle montra mon carnet de vaccinations et on arriva sur le trottoir où l'air frais et piquant du petit matin nous saisit. A cette heure matinale la file d'attente des taxis ne comptait même pas une dizaine de personnes. Le flux des voitures était rapide et on n'attendit pas plus de dix minutes pour être pris en charge. Onaké indiqua l'adresse au chauffeur. Elle avait loué un deux pièces rue Bonaparte, dans le quartier de Saint Germain des Prés. Elle réalisait un rêve. Quand elle était en tournée, c'était toujours le Kolonel qui choisissait les points de chute. Des hôtels  luxueux, de préférence sur la rive droite. Onaké avait toujours laissé faire sans vraiment donner son avis. Elle venait d'abord jouer et sa vraie maison, à Paris, c'était la salle Pleyel. La ville n'était qu'une toile de fond peu réaliste. Les gens qu'elle croisait était du métier, ce qu'elle mangeait était d'une bonne qualité standardisée. Parfois elle arrivait à traverser le décor dans une berline avec chauffeur qui la conduisait chez un couturier ou un chausseur heureux d'avoir pu faire le vide dans la boutique le temps qu'elle fasse ses achats. Maintenant, il n'y avait plus aucune affiche d'elle placardée dans les rues et elle allait marcher tranquillement dans un Paris qu'elle ne connaissait pas. Elle ferait son marché, elle irait boire un thé à la terrasse des cafés, elle pourrait déambuler dans les grands magasins, se perdre en bus et en métro. 

Le chauffeur de taxi s'arrêta devant le 51. Elle vit une jeune-femme qui attendait devant la porte cochère et qui se précipita pour ouvrir la porte du taxi :
- Elise Charles de l'agence Emperor. Bienvenue à Paris, Melle Kikoni.
Elle demanda en anglais si Onaké avait fait bon voyage. Elle prit ma gageotte et précéda Onaké jusqu'à l'ascenseur. L'appartement se trouvait au quatrième étage d'un vieil immeuble chic qui en comptait six. Le salon qui se poursuivait par la salle à manger était vaste et clair, meublé sobrement mais avec goût. Les tableaux aux murs, les rideaux, les lampadaires, tout était dans la tradition d'une bourgeoisie cossue et cosy. La chambre, la cuisine, les toilettes, était de la même veine. 
Quand les premières formalités furent réglées, Elise Charles s'éclipsa, proposant à Onaké de passer à l'agence quand elle le souhaiterait. Rien ne pressait pour signer la suite du contrat de location. Melle Charles referma la porte d'entrée  discrètement derrière elle et Onaké alla aussitôt s'affaler sur le canapé moëlleux du salon en prenant soin de me libérer au passage.
- A cause de toi, ce petit bijou a failli me passer sous le nez. J'ai dû verser une caution gigantesque mais je sais que tu es un amour de chat sage et propre. Viens mon petit tigre, viens.
Je sautais sur ses genoux et nous nous sommes endormis enroulés dans la couverture en mohair grenat que nous avions trouvé pliée sur le rebord du canapé. Quand nous nous sommes réveillés, l'horloge de la cuisine indiquait midi et quart. Onaké sortit le téléphone de son sac et jeta un coup d'oeil sur ses messages. Elle ouvrit celui  de Guillaume qui avait écrit en anglais :
Quelque chose me dit que tu es arrivée à Paris. Si c'est vrai, je suis tout à toi.
Onaké sourit. Elle avait oublié, le temps du voyage, qu'elle l'aimait tant. Elle se précipita sous la douche. Le monastère de Kishiba était  maintenant loin  et enfoui dans son coeur, à une place si secrète que rien ne pourrait jamais l'en déloger.






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