" MARIE BATAILLE auteur littérature jeunesse, livres pour enfants, presse, roman feuilleton: octobre 2014

ROMAN FEUILLETON / la merveilleuse histoire de Ronrono Chapati / semaine 71

  
Semaine 71

 Avant de refermer la porte Yannis jeta un coup d'oeil vers le lit. Chloé dormait sur le côté, son ventre arrondi dessiné sous le drap. Yannis remarqua que les draps ne paraissaient pas de la première fraicheur et ça le navra. Chloé était venue sans prévenir mais qu'aurait-il pu prévoir ? Il avait laissé sur la table un bol et sa cafetière italienne à côté d'un mot écrit sur un coin de journal: "Je pars au camping. Beurre, confiture et café, dans le frigo. Viens quand tu veux."
  Sur sa moto, l'air frais du matin le réveilla complétement. Il se sentait heureux et en même temps terriblement coupable de ne pas avoir su repousser Chloé, lui dire combien cette situation ne mènerait à rien. Et il se disait en même temps que s'il n'avait pas trouvé les mots pour le dire c'est qu'au fond de lui il ne pensait rien de tout ça. Certes ce qui venait de se passer était fou mais il n'avait pas eu la force de se défendre parce qu'il n'avait pas eu envie de se défendre. Mameth l'avait laissé trente ans plus tôt dans une détresse totale, elle avait saboté sans le savoir son existence et sa fille venait miraculeusement tout réparer. Ca ressemblait à une résurrection. Il sortait du tombeau vivant et c'est Chloé qui venait de pousser la pierre qui le maintenait dans l'obscurité depuis des lustres. 
  Au camping, Yannis salua l'Albanais d'une tape sur l'épaule, se servit du café, alluma une cigarette et descendit vers le petit embarcadère, en tenant le gobelet par le haut pour ne pas se brûler les doigts. Il s'installa sous l'olivier et écouta le clapotis des vagues sur la pierre du mur. Il me tira de sa veste au fond de laquelle je m'étais endormi.
- Mon Bradpitt, je vais quitter ça... Je ne sais pas si c'est une bonne chose mais c'est la suite de ma vie semble t-il...
Il fit un signe du menton, désignant la mer et les côtes voisines.
- Toute ma vie. Toute ma chair. Je laisse Antisoros. Je vais devenir un exilé. Je ne reviendrai que pour mourir ou déjà mort. J'emporte le souvenir de toute cette lumière, de ce coin de terre, là où elle voudra. J'abandonne mon île, Bradpitt. C'est comme si je m'abandonnais moi même. Je viens de décider de me faire orphelin. Il y a des jours où je vais en baver... Je vais peut-être en baver souvent... Mais les dés sont jetés, hein ?
 
Je me suis souvenu de ma conversation avec Ronronno et j'ai pensé que c'était lui le maître que je perdais. J'ai imaginé un instant, le camping et la maison sans lui, l'hiver et l'été sans lui et mon coeur s'est déchiré. Mais Yannis me souleva du sol et me serra contre lui.
- Tu viens avec moi Bradpitt... c'est à toi que je pourrai parler du chant éternel de la mer qui berce mon île. Tu le connais toi aussi ce chant. Nous le chanterons ensemble les soirs de doute...
Je tressaillis contre la poitrine de mon maître. Il ne me laissait pas aux griffes de mes ennemis. Une joie immense souleva des ronronades. Yannis me caressa. 
- Tu comprends tout, toi! Comment veux tu que je puisse me passer de toi ?
 
   Au même moment, Chloé se réveilla sur le décor silencieux. Elle se leva et trouva le mot sur la table. Elle fut aussitôt rassurée et s'assit en saisissant sa chevelure qu'elle tira en arrière et noua avec un ruban qu'elle portait au poignée. Elle sortit son portable de la poche de sa veste posée sur le rebord de la chaise voisine. Elle n'avait aucune envie de déjeuner dans cette cuisine sombre. Elle voulait voir et sentir l'air bleu. Elle tapa un texto: "Puis je sortir de chez toi sans qu'on me jette des pierres ?"
Yannis sortit son téléphone qui venait de sonner de la poche de sa chemise. Il lut le message en souriant. La vie avec Chloé serait peut-être plus simple qu'il ne le pensait. Il répondit: "Tu peux sortir sans crainte... les pierres seront pour moi."




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ROMAN FEUILLETON / la merveilleuse histoire de Ronrono Chapati / semaine 70


Semaine 70

Les visites de Ronrono Chapati étaient rares. Elles annonçaient toujours quelque chose d'important. Il arriva au petit matin. Je dormais d'un oeil sur le canapé grenat du salon. Guillaume et Onaké étaient rentrés tard et un peu ivres Ils s'étaient affalés sur le lit de la chambre en riant et en parlant fort. Et puis ensuite les mots étaient devenus plus posés et plus tendres. Après il n'y avait eu que le souffle court et haletant de Guillaume et la petite voix cristalline d'Onaké qui japissait comme une petite loutre.
Ronrono sauta sur le canapé et me fit face.
- Tu n'es pas trop triste d'avoir quitté les moines et la nature, Lucien ?
- Je m'adapte à tout. C'est ce que tu m'as appris, maître... Mais que me vaut l'honneur de ta visite ?
Ronrono Chapati, fit un sourire tout en se lissant les moustaches.
- Le plaisir de te voir, Lucien. Ca faisait un bail que nous ne nous étions pas rencontrés n'est ce pas ?
- C'est vrai, Ronrono, mais je te vois souvent en rêve ... Tu es toujours dans mes pensées.
Oui, je sais ... En fait je suis venu parce que... Au fait, as tu bien compris que Mameth souhaitait partir au Vietnam... Va-t-elle t'emmener ? Sais tu quelque chose à ce sujet ?
- Mais j'espère bien qu'elle va m'emmener... Sinon qu'est ce que je deviendrai... Tu la crois capable de me refiler à quelqu'un d'autre ? Pas à son amie Nicole, quand même, c'est une femme très triste du matin jusqu'au soir. A Jean peut-être mais la dernière fois que je l'ai vu il ne s'est pas préoccupé de moi plus que d'habitude...
- Si elle ne t'a rien dit c'est qu'elle a prévu de te prendre avec elle ... Mais il y a autre chose. Autre chose de plus grave qui va pertuber le cours des choses ...
- Arrête de tourner autour du pot, Ronrono, si je puis me permettre de te parler ainsi ... Pourquoi es tu venu ?
- Pour une mauvaise nouvelle.
- Très mauvaise ?
- Oui... Tu vas perdre une vie, Ronrono. Une de tes plus douces et de tes plus belles vies. Une perte qui va laisser dans ton coeur un goût extrêmenent amer et qui va te plonger dans la tristesse infinie.
- Ah... Je vais souffrir...
- Oui, Lucien.
- Qu'est ce qui va se passer ?... Je vais disparaître ? Quelqu'un va disparaître ? Je vais perdre une partie de mon cerveau ? Je ne vais plus me souvenir de quelqu'un ... Je vais perdre la mémoire.
- C'est un mélange de tout ça, Lucien, mais pas exactement. Tu vas perdre quelqu'un, tu ne pourras donc plus exister dans cette vie là, mais tu emporteras les souvenirs de cette vie dans tes autres vies. C'est ça qui est très douloureux. Revoir des choses qui n'existent plus, qu'on ne plus saisir, modifier, dans lesquelles notre image ne peut plus s'inscrire.
- Tu me fais peur, Ronrono. Je vais vivre dans la souffrance tout le restant de mes autres vie, alors ?
- Non, Lucien. Tu vas apprendre à vivre avec une vie en moins. Tu feras même encore plus attention à celles qui te restent... Ca t'occuperas et ça t'empêchera d'être malheureux.
- Qui vais je perdre, Ronrono ? Qui ? J'aime toutes mes vies autant...
- Je ne suis pas venu pour te le dire. Je suis venu te prévenir pour que tu ne fasses pas de bêtises quand la douleur viendra ruiner ton coeur.
- Des bêtises, quel genre de bêtises, Ronrono ?
- Certains chats, à ce moment là, très intelligents et très sensibles préfèrent perdre toutes leurs vies d'un coup pour ne pas revivre un jour cette souffrance. Ils préfèrent suivre dans les ténébres de la mort celui qui s'en va. Ils tombent malades, ils sautent de quelque chose de trop haut et se cassent le cou, ils se font dévorer par une bête sauvage ou parfois ils se noient... Des trucs dans ce genre, vois tu...
- Je vois. Tu me crois capable de faire ça ? C'est pour ça que tu es venu ?
- Oui. Parce que tu es un chat très intelligent Lucien, très aimant et très tendre et tu es un de mes élèves préférés. Je ne veux pas te perdre. Je veux que tu fasses tout ton temps, toutes les vies qui te restent. Pense à ce que je te dis quand le moment viendra. Au revoir Lucien. Pense bien fort à moi ....
- Au revoir, maître. Au revoir.
Je me suis réveillé parce qu'une bonne odeur de thé précieux venait de la cuisine. Guillaume, en caleçon et torse nu, préparait un plateau pour le petit déjeuner d'Onaké. Je me suis étiré et j'ai glissé entre ses jambes.
- Ah ! Petit Tigre... Va souhaiter le bonjour à notre princesse, elle t'attend.
Je me suis engouffré dans la pénombre de la chambre. J'ai sauté sur le lit avec légèreté et je suis parti respirer le parfum de sa chevelure défaite qui sentait encore le sommeil et l'amour. Onaké était une reine.






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ROMAN FEUILLETON / la merveilleuse histoire de Ronrono Chapati / semaine 69


Semaine 69

De retour à Paris, Mameth mena les affaires rondement. Elle invita ses amis pour les mettre au courant de ses projets. C'était la consternation. Pour Nicole, carrément l'effondrement. Mameth était un remontant exceptionnel bien plus efficace que toutes ses granules homéopathiques ou ses barettes de Lexomil et autres Valium. Le Vietnam ce n'était pas la porte à côté. C'était un autre monde. Le téléphone ne servirait à rien. Comment parler de la proximité dégoûtante dans un bus bondé suivie d'une entrée à reculons dans une classe déjà surexcitée et bruyante. Comment ? Mameth oubliera très vite la vie parisienne et ses excès. Elle en rencontrera d'autres et tirera un trait sur sa vie d'avant. Nicole était au bord des larmes. Elle sentait sa dépression chronique prendre le pas sur la bonne humeur qui avait éclairé sa journée à l'idée de ce repas convivial.   

- Et toi, Jean, tu ne dis rien ? dit elle en suffoquant.
- Qu'est ce que tu veux que je dise ? Mameth est une grande fille. Si elle pense que c'est mieux pour elle de mettre la clé sous la porte, nous n'avons rien à dire. Les repas, ici, me manqueront, c'est sûr !
- Ah! Quand même !

Mameth ne bronchait pas. Elle avait l'impression de les avoir quittés déjà depuis longtemps. Elle les avait quittés quand la jeunesse s'en était allée. Quand les soirées déchirées en boîtes qui se finissaient au petit matin devant une soupe à l'oignon, du côté des halles, n'avaient plus été au programme. Quand on avait remplacé l'insouciance des rencontres inopinées au comptoir d'un café parisien à la mode, par des rendez-vous au théâtre, des dîners en ville et autres placebos qui semblaient fonctionner pour les autres mais très peu pour Mameth. Mameth s'était alors mise à revoir ses amis comme les membres d'une famille indispensable, sans illusion et sans curiosité. Elle était devenue la confidente, celle qui encaisse tout, la conseillère de Jean et Nicole. Personne n'imaginait à quel point elle était triste et paumée d'avoir perdu ses vingt ans irréfléchis, leur folie et leur extravagance. Personne ne se doutait que Mameth n'avait pas beaucoup vieilli et que là où les autres se faisaient une raison, elle ne s'en faisait toujours pas et pestait d'être atrocement suspendue dans le vide, perchée aux branches de la nostalgie qui ne la quittait pas. 
Mameth n'avait pas pu mûrir, vieillir, et elle était devenue un fruit bizarre qui faisait envie mais n'avait presque plus de goût. Le seul qui avait découvert qui était Mameth, c'était Roger. Il se taisait devant elle parce qu'il comprenait qu'on ne console pas quelqu'un comme Mameth. On la laisse aller, se dire et contredire et au détour d'un chemin, on découvre quelque chose d'incroyable qu'on ne pensait plus pouvoir saisir chez quelqu'un de son âge. Un extrait de pure jeunesse. De l'essence rare d'enfance intacte.
                       
Guillaume n'avait pas été étonné. Il savait que Mameth avait des accès imprévisibles. C'est pour ça que Mameth l'aimait. Pour lui Mameth ruait encore une fois dans les brancards, sans doute bouleversée par quelque chose qu'elle,seule, savait. C'était à son avis la réaction d'un humain encore en état de marche. Il l'avait aidée à trouver un conseiller en patrimoine  et lui avait parlé de ses projets à lui. Il allait sans doute s'installer et vivre avec Onaké. Il la lui présenterait avant qu'elle ne parte. Elle ne lui plairait pas vraiment parce qu'elle était beaucoup trop réservée et silencieuse. Mameth aimait seulement les femmes bruyante et couillues. C'est pour ça qu'elle ne s'entendait pas avec Chloé. Sa fille n'était pas un mec en jupon, ni une barbie super-star, c'était une femme d'une espèce que sa génération n'avait pas connue, une universitaire sexy, une diplomée décomplexée, une fille qui ne parlait pas fort mais qui disait ce qu'elle avait à dire. Un oiseau que Mameth aurait aimé être. Mais Mameth était un bonzai qu'on avait taillé et retaillé et qui n'avait pu faire fleurir qu'une féminité naine et trafiquée. Chloé avait poussé librement pendant que sa mère se déhanchait sur les pistes de dance disco.
                   
Chloé ne parut pas contrariée par le départ de sa mère. Elle ne parla de rien la concernant. Elle jugea que ce n'était pas le moment. Elle se contenta de poser une question, une question qui hérissa Mameth.
- Tu pars seule ?
- Non. Je pars avec Lucien et Roger.
Chloé éclata de rire. Mameth se raidit. Elle aurait dû dire oui. Oui je pars seule.Chloé sentit la blessure.
- Je ris parce que moi j'aurais dit je pars avec Roger et Lucien, mais bon... Je ne savais pas que le chat comptait autant ....
- Tu sais si peu de choses, coupa Mameth. Et toi ? Tu ne vas pas passer ta vie dans cette île quand même ? Tu ne vas pas accoucher là bas....?
- Non. Je te raconterai quand je te verrai. Je serai à Paris avant ton départ. Ne t'inquiète pas. Pense plutôt  toi. Je t'embrasse.
Mameth raccrocha. Roger leva le nez du journal.
- Vous allez bien Mameth?
- Non. Ca ira mieux quand je serai loin.






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ROMAN FEUILLETON / la merveilleuse histoire de Ronrono Chapati / semaine 68



Semaine 68


Chloé avait refermé la porte derrière elle, sans bruit. Elle était restée immobile sur le pas de la porte jusqu'à ce que Yannis reprenne une position normale et la voit. La lumière qui tombait de l'ampoule était jaune et épaisse. Il était resté en arrêt, se demandant s'il n'avait pas la  berlue. Et puis il avait soupiré :
- Chloé, qu'est ce que vous faîtes ici ?.. Ma situation est déjà assez difficile et je ne tiens pas à vous mêler à tout ça... Pourquoi êtes vous venue ?.. J'avais bien dit qu'il ne fallait pas.
- Je suis désobéissante quand quelque chose me tracasse. Je voulais savoir comment vous alliez.
- Asseyez-vous maintenant que vous êtes là... Quelqu'un de la rue vous a vu entrer ?
- Il n'y avait pas un chat. Personne ne m'a vu, soyez rassuré !... Comment allez vous ?
- Je vais bien. C'est le surmenage. J'en fais trop pour mon âge. Je ne dors pas assez. Je ferai une prise de sang pour que le médecin me lâche.

Chloé avait tiré vers elle une chaise de la table et s'était assise face à Yannis.
- Je n'aime pas du tout que vous soyez chez moi, seule avec moi. Personne ne doit savoir. ... Si vous saviez ce que tout ça me rappelle...
- Je le sais. Ma mère. Je vous rappelle ma mère.
- Oui. Et ça ne me plait pas... Et je sais bien sûr parfaitement que vous n'êtes pas Mameth. A part le physique vous ne ressemblez pas du tout à Mameth. Vous êtes réfléchie et elle ne l'était pas. Vous savez ce que vous voulez et elle ne le savait pas. Elle a peut-être changé depuis... Vous lui dites que vous me voyez souvent ?
- Je n'ai pas l'occasion de beaucoup lui parler, vous savez. On se parle peu. On se voit peu... Le téléphone pour moi c'est du business.
- Qu'est ce qui vous préoccupe ? ... Qu'est ce que vous voulez savoir d'elle et de moi que je n'ai pas dit ? ... Oui, dès que je l'ai vu, j'ai été sous le charme. Je l'ai désirée très fort.... Ca me gêne de vous dire ça.
- Et moi quel effet je vous fait, Yannis ?

Yannis resta interloqué. C'était une question qu'il ne voulait absolument pas qu'elle lui pose. Il ne l'en avait pas cru capable. Il ne voulait surtout pas y penser. Au bout de quelques secondes il se hasarda à répondre ce qui était le plus évident :
- Je vous considère comme ma fille. Une fille tombée du ciel pour me faire oublier tous mes emmerdements avec la vie. La fille que j'aurais pu avoir avec Mameth.
- Et c'est tout ? Demanda Chloé nerveusement.
- Ben oui. Que voulez vous entendre d'autre ?
- Que moi aussi je vous plais, que moi aussi vous me désirez et que ce qui n'a pas été possible avec ma mère, l'est peut-être avec moi !...
- Qu'est ce que vous racontez. C'est moi qui suis malade mais c'est vous qui délirez, Chloé... Je pourrais être votre père.
- Ce n'est pas une réponse, Yannis. L'âge n'a rien à voir avec le désir.
- Chloé, je vous en prie, sortez... Je voudrais tant que nous restions des amis, des bons amis.

Des larmes coulèrent sur les joues de Chloé. Très salées, très douloureuses à percer et à sortir des paupières. Yannis se passa la main dans sa tignasse grise, malheureux.
- Chloé, je vous en prie, vous vous faites du mal.
- C'est vous qui me peinez, Yannis. C'est vous.
Chloé se leva lentement en appuyant les mains sur la table. Yannis ne bougea pas et se contenta de la regarder d'un air souffreteux. Il vit son ventre rond. Son visage tacheté de rousseur encadré par une chevelure vermeil et sauvage. Elle était à la fois sa femme Irina et Mameth. Mais il se mentait, elle était bien plus, il le savait presque depuis le début. Il fallait qu'elle parte. Il ne broncha pas.
- Yannis... dites moi que j'ai été un bonheur pour vous... dit Chloé en se retournant avant de saisir la poignée de la porte.
- Vous avez été un immense bonheur pour moi, Chloé... Plus que ça, même ajouta -t-il.
Yannis s'était levé et tenait le dossier de la chaise d'une main comme s'il allait tomber.
- Restez Chloé... restez, ne partez pas comme ça. Je ne veux pas vous perdre.
Chloé lacha la poignée, se retourna, colla son dos à la porte et murmura :
- Je vous aime tant Yannis.




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