" MARIE BATAILLE auteur littérature jeunesse, livres pour enfants, presse, roman feuilleton: 2015

ROMAN FEUILLETON / la merveilleuse histoire de Ronrono Chapati / semaine 73



Onaké dégusta le petit déjeuner que lui avait apporté Guillaume. Quand elle eut fini, elle posa le plateau sur coin du lit et s'étira de tout son long en poussant des petits soupirs de plaisir. Je pensai qu'Onaké savait faire le chat comme personne. Ensuite, elle resta rêveuse quelques instants et me caressa l'échine d'une main nerveuse. Et  puis soudain elle se leva sans crier gare. Elle s'enferma dans la salle de bain et ressortit legèrement parfumée. Elle retourna dans la chambre enfiler les affaires de la veillle posée sur le rebord du fauteuil, un jean et un tee-shirt de coton rose. Elle ferma la boucle de ses sandales, attrapa dans la cuisine le sac à provision en paille tressée que le moine Gio lui avait offert peu de temps après qu'il l'eut sauvée de la noyade et elle annonça, dans ma direction :
- Petit Tigre je vais au marché St Germain. Je t'achèterai un petit morceau de foie car tu es le chat le plus gentil du monde.
Onaké m'embrassa sur le museau. Ensuite elle claqua la porte d'entrée comme une adolescente nerveuse. Je ne le savais pas encore mais c'était la dernière fois que je la voyais.
La suite de ce qui arriva je l'ai entendu raconter, en large, en long et en détails, par Guillaume et bien d'autres personnes connus et inconnus qui défilèrent dans notre appartement.
La triste histoire c'est qu'Onaké quitta le trottoir qui était embouteillé devant le restaurant St Benoît. Elle longeait la file de voitures sur la chaussée quand l'anse du sac à provision céda. Onaké se précipita  au milieu de la rue sans réfléchir pour empêcher que les fruits qui roulaient du panier renversé se répandent un peu partout dans la rue. C'est à ce moment là qu'une moto surgit. Le conducteur ne vit pas Onaké courbée sur le sol préoccupée de ramasser les fruit. Il la vit trop tard et la heurta de plein fouet. Elle fut projetée en l'air comme un pantin et en tombant sa tête heurta violemment le sol. Onaké mourut sur le coup et resta allongée dans la rue, petit oiseau abattu en plein vol.
Il s'écoula beaucoup de temps avant que du monde arrive dans l'appartement. D'abord Guillaume hagard, accompagnée d'une dame très colorée, qui déclara :
- Mon dieu mais qu'est ce que c'est que ce chat... On dirait mon Lucien.... Et la dame, on aurait dit Mameth. Mais je pensais avoir la berlue.
- Oui je sais répondit Guillaume pâle comme un drap, C'est Petit Tigre... Et il ajouta.
Voilà. Je ne me marierai donc jamais maman... Je ne pouvais épouser qu'Onaké. J'en suis sûr. Personne d'autre.
- Tu dis ça maintenant... Mais tu sais le mariage ... La dame fit un geste vague de la main.
Guillaume m'attrapa et me dit en cachant son visage dans la fourrure de mon ventre.
Petit Tigre, Onaké, s'en est allée, elle nous a quittés, nous ne la reverrons plus. Elle est partie sans le savoir, sans souffrir, sans savoir qu'elle nous abandonnait. C'est nous qui souffrons parce que la vie va continuer sans elle, rien qu'avec son souvenir....
Je savais déjà ce qu'il me disait. Parce que quand la tête d'Onaké heurta le bithume, je somnolais sur le canapé et pourtant j'ai entendu son cri mortel. Même si on a raconté qu'elle n'avait pas poussé de cris. Moi j'ai entendu son cri et puis aussitôt j'ai senti la vie qui la quittait par ce cri qui avait ouvert un trou béant vers la mort. Je  voyais l'âme d'Onaké se diluer lentement dans l'espace. Une douleur atroce s'empara de moi, une grande détresse qui me déchira de part en part car j'essayais de contenir cette vie qui s'enfuyait, j'essayais de toute la force de mon esprit de l'endiguer et de remettre cette âme à sa place mais je n'y arrivais pas. Quand je compris que c'était fini, que la mort avait saisi ma maîtresse ce fut comme un couteau qui me tranchait la cervelle en menus morceaux. L'idée de vivre sans elle me terrifia et je pensais ne pas devoir la laisser aller seule au pays des âmes mortes. Je devais l'accompagner. La fenêtre du salon était restée ouverte. Je sautais sur le rebord du balconnet, prêt à me jeter dans la rue pour aller la retrouver quand les paroles de Ronrono Chapati revinrent à mes oreilles . Il m'avait mis en garde. Il m'avait parlé de mes autres vies... Je compris que je ne pouvais pas suivre Onaké. C'était Yannis, Mameth et Sébastien qui me le demandaient de toutes leurs forces. Ils m'aspiraient  vers l'intérieur de la pièce et je me suis laissé faire. Mais Onaké avait emporté un morceau de mon coeur et je saignais pour le restant de mes jours. Je revis Gio la fois où il tenta de tuer ma maîtresse en la maintenant sous l'eau. Je me revoyais lui lacérer le dos pour qu'il lâche prise. Et il avait fini par céder sous la douleur. J'avais sauvé Onaké mais Gio avait eu finalement le dernier mot. L'anse de son panier avait été mal tressée et il avait réussi à reprendre la vie de celle qu'il aimait sans espoir.







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